Togo/Faure sacré Prix Champion de la CEA pour la Cybersécurité en Afrique : La consécration des causes perdues érigée au rang de gouvernance

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« L’erreur est humaine, persévérer [dans son erreur] est diabolique ». Sans craindre de divaguer, l’on pourrait appliquer cet adage – attribué au philosophe et dramaturge Sénèque—à la gouvernance de Faure Gnassingbé. En réponse aux exigences de la crise sanitaire, les dirigeants des pays voisins ont sans surprise su adopter une politique sociale à même de soulager des populations économiquement plus tenaillées que jamais. Le fils de Gnassingbé, lui, n’a rien trouvé de mieux que de faire le dos rond face à la flambée inquiétante des prix de première nécessité et autres taxes impopulaires. Le seul mérite qu’on reconnaisse à sa gouvernance est l’organisation de sommets aux retombées inexistantes.

Le premier sommet sur la cybersécurité en Afrique s’est tenu à Lomé les 23 et 24 mars derniers. De cette rencontre auquel des ministres en charge du numérique et de la transformation digitale de plusieurs pays africains (Togo, Bénin, RDC, Congo, Maurice, Somalie, Namibie) ont participé, ressort l’adoption d’une déclaration sur la cybersécurité et la lutte contre la cybercriminalitéSi les participants s’étaient engagés à signer et ratifier la convention de Malabo sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel et mettre en place un cadre légal et réglementaire spécifique à la cybersécurité et à la lutte contre la cybercriminalité, l’autre événement qui fera date n’en reste pas moins la distinction de Faure Gnassingbé qui s’est vu décerner le Prix de Champion de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) pour la Cybersécurité en Afrique, une distinction honorifique, décernée par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) à l’ouverture du Sommet de Lomé sur la question, par la Secrétaire exécutive de l’institution, Vera Songwe.

 Le lauréat dit avoir reçu « cette distinction avec beaucoup d’humilité, parce qu’il est rare qu’on vous offre un prix avant que vous ne commenciez une mission », avant de promettre que la « mission sera remplie avec beaucoup de diligence ». Pour le fils de Gnassingbé Eyadema, « Cette distinction à laquelle j’associe tous les pays frères, renforce ma détermination et celle de tout le gouvernement à poursuivre son œuvre ».

Ce Prix de Champion de la CEA pour la Cybersécurité en Afrique sonne sinon comme une consécration, du moins comme un retour en grâce d’un Faure Gnassingbé dont le règne se trouve pourtant pris entre plusieurs feux, de la condamnation par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans l’affaire de la présidentielle de février 2020 à, ce qui est encore plus grave, l’incapacité de l’exécutif à répondre aux réels besoins des populations en ces temps aussi troublés où la crise sanitaire ne laisse pas de répit aux populations.

Mais il y a plus urgent qu’une élection présidentielle au cours de laquelle l’homme a le don de ne faire qu’une bouchée de ses adversaires politiques. Il y a plus urgent que la cherté de la vie qui frappe de plein fouet des populations. Ce qui occupe l’hôte de la Marina, ce sont les sommets dans le style de la cybersécurité, un peu comme ce lui qui se tiendra en avril sur les transitions politiques et la lutte contre le terrorisme.

 Au lieu d’être à l’écoute du peuple et d’en prévenir les besoins les plus primaires, le nouveau langage qui se veut numérique s’impose ; un thème au sujet duquel Faure Gnassingbé pense que l’Afrique doit être « au rendez-vous » et être « en même temps partie prenante de ce nouveau monde en construction pour répondre de manière adéquate aux enjeux qu’il comporte ».

« Les opportunités offertes par le numérique sont grandes et nous devons en tirer pleinement les profits. Elles permettent d’augmenter nos revenus et d’améliorer la qualité de vie de nos populations. Par ailleurs, en cette période de pandémie mondiale, nous avons pu constater heureusement comment le déploiement, de façon rapide et efficace, de solutions numériques nous a permis d’être au plus près de nos concitoyens et de les protéger, dans un moment où ils avaient le plus besoin de nous. », a-t-il martelé, non sans préciser que la vision qui est la leur est de « contribuer, avec le secteur privé, à déployer de la fibre optique sur tout le territoire togolais et de rendre disponible le très haut débit aux populations à des prix abordables. Il y a à peine quelques jours(vendredi 18 mars, NDLR), nous avons inauguré l’arrivée d’un nouveau câble sous-marin au Togo faisant ainsi de notre pays le premier point d’atterrissage du câble sous-marin Equiano de Google en Afrique».

Faure Gnassingbé a beau proposer la « coopération numérique entre les Etats » « pour endiguer durablement la cybercriminalité sous toutes ses formes et manifestations », ce sommet sur lacybersécurité organisé aux frais du contribuable est le puiné des soucis des Togolais. Il y a un fléau plus grand, et qui mérite d’autant plus d’être combattu. Ce fléau s’appelle la précarité.

Pendant que le quadramandataire se fait fort de combattre vainement un épiphénomène que n’ont pu combattre l’Agence Nationale de la Cybersécurité (ANCy) et la société Cyber Défense Africa (CDA), ses pairs font œuvre utile. Après les autorités sénégalaises, ivoiriennes et ghanéennes, les autorités béninoises ont édicté en milieu de semaine dernière des mesures censées adoucir la flambée des prix de certains produits de grande consommation.

Le sac de 50 kg de riz ordinaire passe de 20.500 FCFA à 18.450 FCFA à Cotonou ; les prix des huiles végétales importées ou produites localement passent de 30.000 FCFA à 25.424 FCFA (soit 1.017 FCFA le litre au détail au lieu de 1.200 FCFA actuellement) pour l’huile de coton locale ; 27.500 FCFA à 23.305 FCFA (soit 932 FCFA le litre au détail au lieu de 1.100 FCFA actuellement) pour l’huile de palme raffinée locale ; 27.500 FCFA à 23.305 FCFA (soit 932 FCFA le litre au détail au lieu de 1.100 FCFA actuellement) pour l’huile de palme raffinée importée.

Quant à la farine de blé importée ou produite localement, les prix du sac de 50 kg passent respectivement de 25.000 FCFA à 20.000 FCFA et de 23.500 FCFA à 19.915 FCFA à Cotonou. Les prix de sortie d’usine du ciment n’ont quant à eux pas fait l’objet d’augmentation. Ils sont donc maintenus à leur niveau actuel jusqu’au 30 juin 2022.

Et même si le prix du pain reste à 125 FCFA la baguette de 160 g et à 150 FCFA celle de 200 g, ces meures (évalués à plus de 80 milliards de FCFA pour soutenir le pouvoir d’achat des populations) sentent assez leur humanité pour qu’on salue les dirigeants qui, l’histoire s’en souviendra, auront aidé les Béninois à supporter la crise. Pas besoin d’être un Martien pour poser d’aussi généreux actes.

L’exécutif togolais a à son actif l’organisation des sommets sans queue ni tête. Ainsi va la gouvernance au Gondwana.

Sodoli KOUDOGBO

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