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Togo: Prisonniers politiques libérés à compte-gouttes, d’après des critères flous.

Togo: Prisonniers politiques libérés à compte-gouttes, d’après des critères flous.

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Kpatcha Gnassingbé, Jean-Paul Oumolou, Commandant Abi Atti, Marguérite Gnakadé ; voilà quelques-uns des noms de personnalités sous les verrous, pour des raisons politiques, depuis plusieurs années ou plusieurs mois pour Madame Gnakadé. Des prisonniers politiques dont la détention, que ce soit dans la presse, au sein de la classe politique de l’opposition togolaise ou de la société civile, a longtemps défrayé la chronique. Et ce sont également et exactement ces mêmes citoyens cités plus haut qui n’ont pas retrouvé la liberté, comme annoncé tambours battants par le maître des lieux, Faure Gnassingbé. En effet, dans sa déclaration du 30 décembre 2025, le « Président du Conseil » du Togo avait promis de faire libérer par grâce présidentielle quelques 1511 prisonniers dont plusieurs dizaines de détenus politiques. Certes, des prisonniers politiques furent libérés. Des familles ont fait la fête des retrouvailles avec les leurs. Il est toujours une très bonne chose que des citoyens, longtemps embastillés et maltraités, retrouvent la liberté. Et ceux qui sont aujourd’hui élargis, étant relativement en bonne santé, devraient s’estimer heureux, car n’oublions pas que certains prisonniers politiques ont perdu la vie en détention.

Mais là où le bât blesse, c’est que cette grâce présidentielle, dès son annonce, portait déjà en elle les germes de son application, aujourd’hui, à deux vitesses. Tout d’abord l’opacité entourant l’absence de listes clairement établies des prisonniers de droit commun et politiques libérables. Parmi les anciens prisonniers politiques dont les cas étaient devenus emblématiques, seul Aziz Goma a retrouvé la liberté le 1er janvier 2026. Une libération sous contrôle judiciaire, apprend-on. Nous pouvons classer Madame Grâce Koumayi, également libérée, comme une ex-prisonnière politique de la dernière génération. Comme indiqué plus haut, Kpatcha Gnassingbé, Jean-Paul Oumolou, Commandant Abi Atti, Marguérite Gnakadé et beaucoup d’autres anonymes sont encore en détention. Après donc la libération d’Aziz Goma, il y a aujourd’hui un peu plus de deux semaines, c’est silence radio du côté du ministère de la justice. Des familles qui se sont trop vite réjouies sont retombées dans l’inquiétude, ne sachant pas le sort qui est désormais celui de leurs proches encore en détention, malgré l’annonce faite par le « PC » togolais.

Rappelons que des Togolais et des Togolaises arrêtés ou enlevés, pour la plupart, dans la foulée du soulèvement populaire du 19 août 2017 étaient tous estampillés « Tigre Révolution ». Bien que le but des nombreuses rafles d’alors fût la décapitation du PNP (Parti National Panafricain) de Salifou Tikpi Atchadam, et que plusieurs responsables et militants de cette formation politique fussent arrêtés, il n’y a pas de dénomination « prisonniers politiques du PNP ». Ils

ont tous été répartis entre deux groupes de prisonniers dénommés « Tigre Révolution 1 » et « Tigre Révolution 2 ». Et lors de la libération hasardeuse de certains détenus politiques fin décembre 2025, après la fameuse grâce présidentielle de Faure Gnassingbé, 21 prisonniers du premier groupe et 10 du deuxième, donc 31 au total, avaient retrouvé la liberté, d’après les informations que nous avons pu glaner ça et là. Aboubakar Tchatikpi dit Janvion, par exemple, membre influent du PNP, kidnappé chez lui à Lomé dans la nuit du 25 janvier 2020, accusé d’être un proche de Salifou Tikpi Atchadam et de connaître sa cachette, a aujourd’hui 57 ans et n’a pas été libéré, comme beaucoup d’autres infortunés.

Sur le réseau social X nous pouvons lire de la part de l’ASVITTO (Association des Victimes de la Torture au Togo) que jusqu’au 1er janvier 2026 au moins 75 prisonniers politiques furent libérés et que 68 autres seraient encore en détention, dont le demi-frère de Faure Gnassingbé, Kpatcha Gnassingbé. Par ailleurs, l’information non confirmée, circulant sur les réseaux sociaux, selon laquelle ce dernier aurait décliné l’offre d’une libération par grâce présidentielle est à prendre avec des pincettes ; c’est pourquoi des personnes averties que nous avons contactées à Lomé sont sceptiques et se demandent si c’est vrai que Kpatcha Gnassingbé a refusé de sortir de prison pour des raisons qui lui sont propres, qu’en est-il alors du commandant Abi Atti, de Jean-Paul Oumolou, de Marguérite Gnakadé et de tous les autres malheureux qui croupissent encore. En tout et pour tout, nous pouvons affirmer que la grâce présidentielle qui avait donné tant d’espoir à tant de familles, n’a finalement accouché que d’une souris ; en tout cas, pour le moment. Et du côté de l’opposition on n’a pas manqué de réagir ; que ce soit du côté de l’ANC (Alliance Nationale pour le Changement), que du côté de la coalition regroupant la DMK (Dynamique Monseigneur Kpodzro), la LDP (Lumière pour le Développement dans la Paix), la DMP (Dynamique pour la Majorité du Peuple) et le Front Touche Pas À Ma Constitution, on s’est certes félicité de la libération d’une partie des prisonniers politiques, mais les deux entités de l’opposition togolaise avaient tenu à rappeler au régime RPT/UNIR autour de Faure Gnassingbé, dans leurs déclarations respectives, la nécessité que tous les détenus politiques soient élargis sans conditions. « Beaucoup de nos compatriotes sont encore privés de liberté ou gardés dans la souffrance des prisons aux conditions inhumaines, à l’exemple de Marguérite Gnakadé, Jean-Paul Oumolou, Kpatcha Gnassingbé, Abi Atti. Près de 70 détenus attendent d’être libérés. Ils doivent être libérés ! »

Samari Tchadjobo
Allemagne