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Togo : après sept mois de détention, le Guadeloupéen Steve Rouyar dénonce un traitement de « prisonnier de guerre »

Togo : après sept mois de détention, le Guadeloupéen Steve Rouyar dénonce un traitement de « prisonnier de guerre »

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Libéré après sept mois de détention au Togo, le Guadeloupéen Steve Rouyar accuse les autorités togolaises de l’avoir traité comme un « prisonnier de guerre » et utilisé comme une « monnaie d’échange » dans un contexte de tensions politiques et de répression des mouvements de contestation.

Expert-comptable de 40 ans, Steve Rouyar a été interpellé le 6 juin dernier à Lomé, alors qu’il participait à un rassemblement d’une cinquantaine de personnes dénonçant le régime en place, la cherté de la vie et une réforme constitutionnelle jugée controversée. Il est rentré en Guadeloupe il y a une quinzaine de jours, après sa remise en liberté.

Dans des déclarations publiques, Steve Rouyar affirme avoir été au cœur d’un marchandage politique.

« J’ai appris que j’étais comme un prisonnier de guerre. Le but était de m’échanger contre huit jeunes opposants togolais, en faisant pression sur la France », a-t-il déclaré, avant d’insister : « J’étais une monnaie d’échange ».

Poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’État et trouble à l’ordre public — des chefs d’accusation passibles de peines pouvant aller jusqu’à trente ans de prison — il n’a pas été incarcéré dans un établissement pénitentiaire classique. Sa détention s’est déroulée dans les locaux du Service central de recherche et d’investigation criminelle (SCRIC), une unité rattachée à la présidence togolaise.

Selon

l’ancien détenu, les conditions de sa privation de liberté étaient particulièrement éprouvantes.

« Ce n’est pas une prison. C’est comme être enfermé dans un commissariat, sauf que j’y suis resté sept mois, et la structure n’est pas faite pour ça », explique-t-il.

Il évoque une absence totale de lumière naturelle, l’impossibilité de lire, l’absence de promenade, de ventilation et de cour intérieure.

« Pas de cour, pas de promenade, pas le droit de lire, pas de lumière naturelle. Si demain il y avait un incendie, on serait tous morts », affirme-t-il.

Malgré la gravité des accusations, Steve Rouyar dit avoir envisagé une longue incarcération.

« J’étais prêt à faire les trente ans. Je me disais que Nelson Mandela avait fait vingt-sept ans et était sorti vivant. Pour moi, la cause était juste », confie-t-il.

S’il reconnaît avoir pris part à des discussions politiques aux accents radicaux, il rejette toute accusation de complot.

« On parlait de toutes les options possibles, démocratiquement ou par la force, mais jamais on n’organisait un complot », soutient-il.

Libéré sans annonce officielle de contrepartie, Steve Rouyar attribue cette issue aux mobilisations de ses proches ainsi qu’au soutien reçu en Afrique et dans les territoires d’Outre-mer.

De retour en Guadeloupe, il affirme vouloir se recentrer sur sa famille et son activité professionnelle, tout en poursuivant son engagement politique.