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« Un arbre qui tombe fait plus de bruit que toute une forêt qui pousse. » Proverbe africain
Le pouvoir dictatorial de Faure Gnassingbé a le dos au mur. Il s’agite et se débat convulsivement à l’intérieur et à l’extérieur pour retarder l’échéance d’une mort annoncée. La dictature use des tours et atours, de toutes les provocations et exactions pour étouffer la contestation populaire. Peine perdue. C’est un peuple dressé pour la reconquête de sa liberté qui depuis près de 4 mois fait la preuve de sa détermination à sortir du long tunnel obscurantiste dans lequel il a été engagé violemment depuis 1963. Pour le pouvoir, les appuis se font de plus en plus rares. L’isolement régional et international ne cesse de s’affirmer. Les forces économiques renâclent et la lassitude gagne progressivement le camp du dictateur. Plus les jours passeront et plus les fissures vont devenir béances. Il faut continuer à exercer la pression. Le peuple aura le dernier mot. La souveraineté lui appartient et aucune dictature, si féroce soit-elle, ne peut la lui confisquer ad vitam æternam. Le peuple togolais veut retrouver sa souveraineté. Rien n’y fera.
La mare aux cygnes
Cerné de partout le pouvoir togolais se met à jeter ses derniers feux tous azimuts. Ils prennent la forme habituelle du dilatoire qui consiste à appuyer légèrement sur l’accélérateur du dialogue tout en tenant fortement serré le frein de son organisation effective. Faure tente encore une fois de dribbler tout le monde mais n’obtient plus que le braquage des projecteurs sur ses et sa duplicité. La schizophrénie d’État qui a pu lui conférer un vernis de respectabilité avec la complaisance d’une certaine communauté internationale devient par retour du balancier la trappe des illusions du régime de Lomé 2. C’est une grande victoire du peuple.
Il convient maintenant pour le peuple et ses représentants de se concentrer sur les ennemis de l’intérieur, les plus redoutables puisqu’ils gravitent souvent dans l’orbite de l’opposition elle-même. Ils sont nombreux. Ils ont souvent le vernis de la respectabilité hérité de vieilles gloires et de fonctions prestigieuses antérieures et depuis longtemps dévoyées. Ils sont très intelligents comme souvent les vrais pervers. Leurs discours ciselés et tracés au cordeau fleurent bon le bon sens et certains peuvent même avoir la brillance et le brio de l’animal politique capable de susciter l’adhésion. Ils commencent à sortir, ces armes ultimes du régime. Les moins fins comme MM. Kaboua et Taama ont rapidement rendu gorge. Les plus retors restés en immersion comme MM. Dégli, Agbéyomé, Koffigoh et sans doute Edem Kodjo piaffent d’impatience. M. Dégli a fait un tour de piste très réussi avec des thèses qui n’ont d’intelligence que l’apparence. Le vrai programme étant de se positionner comme futur médiateur et surtout sauveur d’un pouvoir qui lui renverrait l’ascenseur par le strapontin doré de la primature. Un gouvernement d’union, dirigé par M. Dégli, cela aurait de la gueule n’est-ce pas ? Cela prêterait plutôt à rire si ce n’était pas aussi sérieux et si la vie d’une nation n’était pas en jeu. Pour sa part, en s’attaquant bille en tête au chef de file de l’opposition, M. Agbéyomé entonne le lamento destructeur de l’opposant non pris en charge par le CFO et menace de proposer la remise en cause de son statut pour manquement grave. Certes, Jean-Pierre Fabre a des défauts. Il a commis des erreurs. Comme tous. On pourrait lui faire la grâce de pouvoir reconnaître l’opposant véritable pouvant faire partie de la coalition qui représente le peuple en lutte. Il est clair que M. Agbéyomé n’a jamais présenté les gages d’une appartenance sincère à l’opposition au régime cinquantenaire de
Changer de matrice
La chasse à courre est ouverte. La meute de chiens est lâchée. C’est cousu de fil blanc. La cible Fabre est désignée comme le maillon faible de la coalition parce que lestée par le statut de CFO. La coalition doit déployer plus de vigilance encore pour éviter la curée. C’est le lieu de reconsidérer le contenu et la nature de la contestation. Les marches populaires perlées c’est bien. Il faut les appuyer et les diversifier en exploitant au mieux les dispositions constitutionnelles de la désobéissance civique et explorer la panoplie disponible des outils de la lutte non violente. Le risque d’enlisement est bien réel. Il convient de le circonscrire en renforçant et en diversifiant l’expression du peuple. Ce qui permet de tenir en respect les menaces internes et internationales qui se font nécessairement jour. Une cible statique est une cible facile. Il convient de ne jamais l’oublier. L’espoir de tout un peuple est au prix de cette vigilance sacrée pour que le cordon sanitaire reste définitivement étanche afin de donner toute sa chance à l’arbre de la démocratie et de la liberté de pousser, dru et vigoureux, sur la terre de nos aïeux. Un arbre de liberté et de vie est puissamment en train de pousser en causant l’ébranlement de toutes les puissances obscurantistes et pilleuses qui ont mis la nation togolaise en coupe réglée. Assurément un arbre qui pousse fait moins de bruit qu’une forêt qui tombe.
Jean-Baptiste K.