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« Quand on découvre toute la méchanceté humaine, on prend en mépris et en aversion son espèce » (Henri-Frédéric Amiel)
Les populations de Kara et partant, tout le Togo s’étaient brutalement réveillées de leur sommeil dans la nuit du 09 au 10 janvier 2013, avec des cris d’épouvante, de chaos. Le grand marché de Kara est ravagé par de grosses flammes. Les Togolais ne sont pas remis de leur stupeur et de leur choc que le lendemain, 11 janvier le grand marché de Lomé part aussi en fumée. C’était l’incomphésion, l’apocalypse. Toutes les économies que les braves commerçants ont bâties toute leur vie durant, ont été réduites en cendres.
L’enchainement des faits était trop flagrant et frappant pour relever d’une malheureuse coïncidence ou d’un acccident. C’était des crimes odieux bien planifiés. Opportunément, ces sinistres sont intervenus au moment même où les partis politiques de l’opposition et les organisations de défense des droits de l’Homme regroupés au sein du « Collectif Sauvons le Togo » (CST) avaient programmé des manifestations de protestation contre le régime de Faure Gnassingé baptisées « Les derniers Tours de Jéricho ». Les coupables étaient donc tout trouvés. Sans aucune enquête indépendante et crédible préalable pour déterminer les causes et situer les responsabilités, une vague d’inculpations et d’arrestations avait été opérée dans les rangs des dirigeants et des militants des partis politiques et associations membres du Collectif.
Des montages grotesques fisselés pour décapiter ce mouvement qui donnait des sueurs froides au régime de Faure Gnassingbé, montages qui se sont écroulés comme des chateaux de cartes, suite aux enquêtes menées par des experts de la police française. Mais à ce jour, le régime a opposé son veto sur le rapport de ces experts devenu un secret Défense.
Des inscréditions, on avait appris qu’à la veille de l’incendie du grand marché de Lomé, le 11 janvier 2013, les 9 vigiles qui surveillent le marché jour et nuit, auraient été priés de quitter les lieux.
Toujours selon des indiscrétions, la destruction du grand marché de Lomé visait à couper des sources de financement de l’opposition que le régime soupçonait de recevoir des fonds des commerçantes du marché qui plus est, ont été toujours des fers de lance de la contestation du régime de Faure Gnassingbé.
« La survenance de ces sinistres nous a plongés dans un état émotionnel de tristesse et de désarroi total, puisque nos activités qui, jusque-là, nous permettaient d’assurer nos subsistances, ont été emportées par les flammes. Nous ressentons lourdement les conséquences de ce drame. Certaines d’entre nous ont perdu leur vie, faute de voir un nouvel horizon fleurir parce que les pertes ont été énormes », avait déploré quelques mois après le sinistre, la présidente de l’Association des sinistrés des marchés du Togo (ASSIMAT), dame Senaya Afi Vinyo Charity.
Ces commerçantes qui comptaient sur le régime pour les aider à surmonter leurs difficultés, ont été fort désabusées. Seule une petite aide a été distribuée aux sinistrées pour pourvoir à leurs besoins vitaux dont le montant n’avait rien à voir avec les pertes évaluées. Huit ans après le drame, ces femmes sont abandonnées à leur triste sort. Les travaux de recontruction du marché lancés en grande pompe à la veille de la présidentielle de 2020, sont toujours à l’étape de la pose de la première.
Plus révoltant, les instigateurs, commanditaires et exécutants de ce crime abominable n’ont jamais été inquiétés. Une chose est certaine, ceux-ci peuvent échapper à la justice des hommes, mais ils ne se soustrairont jamais à la justice de Dieu.
Médard AMETEPE
Source : Liberté