Tribune : Revenons à l’essentiel ou quand l’actualité étrangère sert les desseins de la dictature au Togo.
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Différents évènements survenus en 2021-2022 dans le monde tels que la guerre Russie-Ukraine, les coups d’État dans trois pays de la CEDEAO, la lutte à mort entre la DMK et l’ANC, la pandémie du COVID-19, le violent rejet de l’impérialisme français et le populisme qui l’accompagne, le coma profond de l’opposition, ont été une aubaine pour le régime illégitime au pouvoir au Togo.
En effet, si l’on observe bien la scène médiatique (journaux, réseaux sociaux), la lutte pour faire partir les usurpateurs n’est plus la première préoccupation. Tous ces évènements ont détourné l’attention de beaucoup de Togolais de la lutte du fait que beaucoup de leaders d’opinion ont d’autres chats à fouetter au Sahel avec les Russes et la milice Wagner, et les putschistes sahéliens. L’arrogance de la politique impérialiste de la France dans son pré carré francophone sous couvert de la CEDEAO, un syndicat de dictateurs, a mobilisé les énergies pour un rejet unanime de la domination étrangère et du néocolonialisme.
Combattre la France en oubliant ses dictateurs africains, est du pain béni pour les tenants de la dictature. On se demande même s’ils ne souhaiteraient pas que ces actualités continuassent de détourner l’attention des Togolais.
Les militaires de Guinée, du Mali et du Burkina Faso qui sont plus habiles à faire des coups d’État qu’à détruire les djihadistes rétrogrades, suscitent une grande ferveur relayée par un populisme qui recourt souvent à tous les excès démagogiques par rapport à la nature de ces pouvoirs et surtout à leurs projets de développement qu’aucun de ces régimes militaires ne propose. Aucune libération ne peut faire l’impasse sur l’économie qui procure la richesse, des emplois et l’indépendance à conquérir après la filouterie des “indépendances cha cha” de 1960. Ils veulent s’éterniser au pouvoir mais personne ne parle de développement et de stratégie militaire
Les voix des démocrates sont devenues inaudibles dans ces pays au pouvoir militarisé ainsi que dans toute l’Afrique de l’Ouest et dans toute l’Afrique Centrale.
Au Togo, le Covid a servi de prétexte pour la suppression de certaines libertés politiques. La dictature est devenue plus pesante qu’auparavant. De plus, certains courants de l’opposition, en s’étripant autour de leur vie privée à coups de calomnies dans une indignité totale, se sont arrangés pour détourner l’attention du public de l’essentiel : l’éradication de la dictature. Les partis qui ne participent pas à ce combat de chiens et de chats, sont devenus des spectateurs qui comptent les coups pour pouvoir en tirer profit éventuellement. C’est vraiment triste pour notre pays qui souffre tant.
Revenons à l’essentiel
Les usurpateurs sont déjà en ordre de bataille pour préparer les élections frauduleuses dont le pays est coutumier. L’opposition qui prétend combattre la tyrannie sera-t-elle simple spectatrice d’un énième putsch électoral ? Ou s’y précipitera-t-elle en complice participationniste pour les cautionner ?
L’heure est grave. L’opposition qui se réclame de la démocratie, doit sortir de son coma profond, remobiliser le peuple pour le changement. Revenons à l’essentiel pour sauver notre pays.
Ayayi Togoata APEDO-AMAH