Togo-Revendications du Syndicat des enseignants du Togo : Bawara ou la carte du pourrissement jusqu’au bout
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« Ce mercredi 30 mars 2022, en application des textes en vigueur, j’ai signé un arrêté portant mesures administratives et excluant du cadre des fonctionnaires de l’enseignement cent trente-sept (137) enseignants désormais mis à la disposition de l’administration générale ». Un tweet signé Gilbert Bawara, le ministre de la Fonction publique, du travail et du dialogue social, qui, en réaction à la nouvelle grève de 3 jours qui avait pris fin le 31 mars dernier, avait voulu dissuader les grévistes. « Il s’agit, pour l’essentiel, d’agents qui se sont illustrés de façon répétitive dans des agissements contraires aux exigences d’enseignants en s’obstinant à créer et à entretenir dans ce secteur crucial de la vie nationale qu’est l’éducation, des tensions et perturbations », a-t-il glosé sur le réseau social à l’oiseau bleu. Encore une fois, Gilbert Bawara n’aura trouvé rien de mieux que d’opter pour la manière forte, un grand classique, alors que les revendications du Syndicat des enseignants du Togo (SET) (à qui on reproche un « défaut d’existence légale et de représentativité ») n’ont pas bougé d’un iota : la réclamation d’une prime mensuelle de logement de 50.000 de FCFA pour tout enseignant sans distinction à la prime annuelle d’éloignement, le recrutement d’enseignants volontaires exerçant ou ayant exercé dans un établissement public pendant 3 ans au moins et disposant des qualifications professionnelles requises, une allocation de mutation et le respect et la considération dus à leur rang. Est-ce trop demander ? Malgré cette façon cavalière de régler les
« Nous, enseignants togolais du préscolaire, du primaire, du secondaire général et l’enseignement technique entrerons en grève dès lundi 4 avril à 6 heures 45 minutes pour exprimer notre désapprobation de la façon dont cette crise est gérée. Le débrayage ainsi débuté se déroulera sur l’ensemble du territoire togolais et s’arrêtera le 7 avril 2022 à 17 heures 00 mn », si l’on en croit la note adressée à Gilbert Bawara le 1er avril. La fin de la semaine écoulée aura tout de même vu des élèves, qui semblent avoir pris fait et cause pour leurs professeurs, manifester dans la rue et déloger leurs condisciples des classes. On peut comprendre que le défaut d’existence légale et de représentativité entache les démarches du Syndicat des enseignants du Togo, mais cela ne change rien aux doléances qui, elles, n’en sont que plus légitimes. Ce n’est pas bien agir que d’exclure des enseignants tout en se disant « disponibles et ouverts au dialogue avec tous les acteurs légalement constitués et nous réitérons la ferme volonté du gouvernement à poursuivre les efforts pour réformer et moderniser notre système éducatif ». Le ministre de la Fonction publique serait bien avisé de toujours penser aux répercussions de ses décisions dans le monde scolaire. Au lieu de toujours vouloir jouer la carte du pourrissement.
Le Correcteur N° 1036 du Lundi 04 avril 2022