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Jean- Pierre Fabre, le challenger du président Faure Gnansingbé n’aura pas attendu plus de 24h après la proclamation officielle des résultats de la dernière présidentielle pour réagir. Ceux qui s’attendaient à ce qu’il emboîte le pas au Nigérian Goodluck Jonathan qui a reconnu sa défaite, bien avant que la commission électorale indépendante du Nigéria ne proclame les résultats, en sont pour leur frais.
Non seulement Fabre n’a pas reconnu sa défaite mais encore il s’est auto- proclamé vainqueur. Ni plus, ni moins ! Un coup de poignard dans le dos des deux présidents du Ghana et de Côte d’Ivoire accourus à Lomé pour contribuer à la résolution de la crise et qui étaient repartis, rassurés d’avoir réussi leur mission. Avec cette petite phrase à la clef : « chaque peuple construit son histoire » .Une manière pour Jean- Pierre Fabre de dire à ses voisins « occupez- vous de vos affaires et laissez-nous régler les nôtres ». Ces derniers étaient allés à Lomé inquiets du trop long délai que prenait la compilation des résultats, deux jours après la fin du scrutin. Le spectre d’un scénario à la Gbagbo se profilait à l’horizon avec cette guéguerre interminable entre les deux responsables de la Ceni sur le contrôle systématique des procès verbaux de dépouillement des bulletins de vote.
Et l’histoire se répète car le Togo semble reparti pour une crise de longue durée et son cortège de marches et de répression sans fin, de journées villes mortes suivies d’arrestations et de procès sans fin. Depuis une vingtaine d’années , le scénario est pratiquement le même chez nos voisins de l’Est, au point où personne au Bénin ne semble plus s’intéresser à ce qui se passe là-bas de l’autre côté de la frontière orientale. Chaque fois que le pic est atteint, des médiateurs interviennent et organisent des pourparlers qui débouchent sur des accords d’Abuja, de Niamey , de Ouaga que sais-je encore, que chaque partie interprète à sa façon .On croit le danger écarté, pour un temps mais c’est pour constater des mois plus tard que rien
Or, l’équation togolaise est pourtant simple. Il s’agit de mettre fin à un système politique autocratique méthodiquement installé depuis bientôt un demi-siècle par un ancien soudard de l’armée coloniale en intelligence avec l’ancienne puissance. Un système bâti autour d’un parti fort –hier le Rpt aujourd’hui l’Unir- qui a la haute main sur toute l’administration , une armée mono-ethnique totalement inféodée au pouvoir politique et des institutions de contre pouvoir en parfaite complicité avec le pouvoir exécutif .Aucune alternance n’est possible dans un tel système requinqué ces cinq dernières années par la reprise de l’aide de la communauté internationale qui a permis de remettre à neuf quelques infrastructures routières naguère complètement dégradées. L’opposition togolaise n’a guère le choix que de s’unir autour du seul leader qui incarne l’opposition, pour arracher au régime quinquagénaire de la dynastie Eyadéma le déverrouillage du système politique, sans lequel l’alternance ne sera que chimère.
source : La Nouvelle Tribune
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