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L’Assemblée Nationale a ouvert le 1ᵉʳ octobre 2024 à Kara la deuxième session ordinaire de l’année. Avec toute la théâtralité comme le régime de Faure Gnassingbé sait bien se mettre en scène, les Présidents de l’Assemblée Nationale de la Côte d’Ivoire, Adama Bictogo et du Bénin, Gbèhounou Louis Vlavonou ont été conviés à cette session délocalisée de la capitale pour des raisons à la limite saugrenues. Prenant la parole, Adama Bictogo s’est prononcé sur l’épineux sujet de la nouvelle constitution qui plonge le pays depuis mars 2024 dans une incertitude politique et institutionnelle.
Quelle mouche a bien pu piquer Adama Bictogo ? Dans tous les cas, le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire a manqué l’occasion de se taire. Surtout, un sujet épineux qui concerne avant tout les Togolais. En effet, à Kara, Adama Bictogo s’est permis une déclaration pour le moins surprenante venant d’un invité dit d’honneur.
« La nouvelle constitution fait du Parlement la clé de voûte des institutions de la République et reconnaît in fine, le rôle fondamental que doivent jouer nos Assemblées dans le renforcement de la démocratie et de l’État de droit », a déclaré le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire apportant ainsi sans aucune ambiguïté son soutien à cette démarche controversée du pouvoir togolais.
En réalité, en prenant position, Adama Bictogo semble vouloir attirer la sympathie du régime de Faure Gnassingbé. Et pour cause.Le Président est en pleine tempête
En conséquence, depuis plusieurs mois, l’administration ivoirienne a fait monter la pression sur les entreprises fondées par Adama Bictogo. Contrôle fiscal, retrait de concessions et investigations menées par le fisc ivoirien.
Certains marchés qui lui avaient été accordés à titre de concessions ont d’ores et déjà été retirés. C’est le cas de la Société Nationale d’Edition de Documents Administratifs et d’Identification, Snedai, son groupe, qui s’est vu retirer le marché de la confection des cartes de la Couverture maladie universelle (CMU), le système d’assurance maladie du gouvernement, dont il était, depuis son lancement, l’opérateur principal, ainsi que le marché de la fabrication des passeports et de la délivrance de visa qui, lui, n’a pas été prorogé.
Cette concession, qui arrivait à son terme cette année, devait faire l’objet de négociations pour une prorogation. Mais non seulement cela n’a plus été le cas. Pis, le gouvernement a déjà lancé un appel d’offres public.
C’est dire qu’Adama Bictogo est dans de beaux draps. Pour se tirer d’affaire, il a nécessairement besoin de soutiens. Ce qui expliquerait son clin d’œil au régime de Faure Gnassingbé qui lui aussi est en quête de soutien politique après le changement contesté de la constitution du Togo.
Source: Journal « Le Correcteur »