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Le Togo est ballotté depuis presque 60 ans par un régime de terreur de père en fils, et la lutte pour y mettre fin dure depuis plus de 30 ans. Dans ce contexte de lutte contre le groupuscule de malheur RPT-UNIR, il va de soi que la discussion sur une possible participation ou non des formations politiques de la vraie opposition à des échéances électorales refasse de temps en temps surface, pour, soit critiquer ceux qui y vont, ou soit essayer, avec des arguments plus ou moins convaincants, de porter de l’eau au moulin des partisans du boycott. Et le bilan des échéances électorales tenues dans notre pays depuis au moins 30 ans, donc depuis le début du renouveau démocratique, est plus que négatif, parce que le régime de dictature d’en face n’avait accepté que du bout des lèvres les décisions de la conférence nationale, envoyant parallèlement ses tueurs à la trousse des opposants. Les différents scrutins, présidentiel, législatif et autres, ne furent jusqu’à ce jour que de pures mascarades.
La problématique avait toujours été celle-ci: pour les partisans de la participation à des élections contre le régime Gnassingbé, malgré les fraudes, doublées de violences sur les candidats de l’opposition, l’argument-massue a toujours consisté à faire croire qu’il serait mauvais de laisser tout le terrain à l’adversaire illégitime. Pendant que pour les opposants dits radicaux, vivant pour la plupart dans la diaspora, on ne va pas à des élections avec un régime de dictature et de terreur comme celui des Gnassingbé, on doit s’organiser pour le combattre, le défaire et le contraindre par la révolution à abandonner le pouvoir. Et comme pour illustrer notre propos, la participation ou non aux élections municipales prévues pour le 17 juillet 2025 prochain constitue pour les partis traditionnels de l’opposition la pomme de discorde, par rapport aux manifestations actuelles des jeunes togolais pour dénoncer la mauvaise gouvernance et demander le départ de Faure Gnassingbé du pouvoir. En effet, la révolution née sur les réseaux sociaux et dont la plupart des instigateurs vivent à l’étranger, est venue prendre de court une opposition togolaise divisée, vivant au jour le jour et dont chaque leader essaie, tant bien que mal, de tirer la couverture de son côté. En dehors de la sauvage répression des forces de l’ordre et des miliciens avec son lot de victimes, les manifestations des 6, 26, 27 et 28 juin 2025 à Lomé furent une réussite, parce qu’elles ont fait et font encore trembler et douter le régime de dictature et ont surtout eu des répercussions internationales profitables aux populations togolaises dans leur lutte pour la libération.
Donc pour l’opposition traditionnelle, dont certains leaders ont tenté de s’approcher de certaines têtes de ces meneurs de la diaspora, il n’est pas question que des opposants invisibles, «non-professionnels», vivant à l’étranger, puissent lui damer le pion, en réussissant à mobiliser là où elle semble aujourd’hui être arrivée au bout de son latin. D’un côté, en observant de près, on aurait l’impression que les partis politiques de l’opposition veulent profiter de la
Des Togolais au pays et surtout dans la diaspora critiquent le fait que les principaux partis politiques de ce qui reste de l’opposition traditionnelle aient décidé de participer aux élections locales du 17 juillet prochain, au lieu de se concentrer sur la révolution en cours. Sincèrement entre nous, ont-ils vraiment le choix? Les premières générations de l’opposition togolaise jusqu’à celle d’aujourd’hui, à compter du début des années ’90, n’ont connu que répressions faites d’arrestations arbitraires et surtout d’assassinats crapuleux dont les auteurs, payés par le pouvoir Gnassingbé, courent toujours. Et nous sommes bien conscients qu’il faut une révolution de grande envergure, comme des jeunes Togolais nous en donnent l’exemple aujourd’hui, pour faire partir ce régime de terreur. Mais quelle que soit l’envergure du soulèvement, aucun manifestant, aucun leader de l’opposition, nulle part en Afrique ou ailleurs dans le monde, n’est jamais allé déloger le dictateur pour prendre le pouvoir. Au Mali le 26 mars 1991 nous savons tous ce qui s’était passé à l’issue du soulèvement contre le dictateur d’alors Moussa Traoré; et personne n’oubliera jamais le nom d’un certain ATT (Amadou Toumani Touré). Au Burkina-Faso l’insurrection populaire, commencée le 28 octobre 2014, se poursuit en s’intensifiant jusqu’au 31 du même mois; lâché par l’armée, Blaise Compaoré finit par démissionner. Comme on le voit, et c’est ici que nous rejoignons la philosophie de madame Gnakadé, il faut quelqu’un ou un groupe de patriotes pour terminer le travail commencé par les populations et l’opposition. Il faut que quelqu’un vienne balayer la maison, comme dirait l’autre, et remettre chacun et chaque institution à sa place, pour que le Togo renaisse pour de bon.
Samari Tchadjobo
Allemagne