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« Je veux écrire une nouvelle page dans notre relation avec l’Afrique » (Emmanuel Macron)
La démocratie est perçue comme le mode de gouvernance par excellence à travers le monde. Mais cet idéal est mis à mal en Afrique et la France en a une grande part de responsabilité. Elle demeure un véritable frein pour la démocratie dans nombre de pays sur le continent à cause de sa propension à non seulement fermer des yeux sur des parodies d’élections mais plus révlotant, à apporter son soutien inconditionnel aux dictateurs invétérés sur le continent. Le Togo des Gnassingbé en est une illustration.
Faure Gnassingbé a eu l’honneur de faire dérouler le tapis rouge vendredi à l’Elysée. Décrocher son ticket d’entrée à l’Elysée est considéré chez les dirigeants africains comme une marque de reconnaissance de l’ancienne puissance coloniale. Le président togolais, surnomé le « jeune doyen » en référence à sa longévité au pouvoir, -il est à son 4ème mandat présidentiel dans une Afrique de l’Ouest naguère saluée comme un bon élève en matière de démocratie-, vient d’être adoubé par Emmanuel Macron.
Pour cause, cette visite est présentée du côté du pouvoir comme le réchauffement des relations entre Lomé et Paris, et surtout la consécration pour Faure Gnassingbé sur la scène internationale. Le président togolais est le tout dernier chef d’Etat à se présenter au palais de l’Elysée depuis l’avènement d’Emmanuel Macron au pouvoir il y a 4 ans.
Pourtant en 2017, lors de la crise sociopolitique marquée par des manifestations à travers tout le pays qui ont ébranlé le régime togolais et une vague de répressions sur les populations, le président français, interpellé par certains compatriotes de la diaspora sur la confiscation du pouvoir au Togo, avait rétorqué s’il avait une fois reçu son homologue togolais en voyage bilatéral ou s’il
Emmanuel Macron avait donné l’impression d’ouvrir un nouveau chapitre dans les relations franco-africaines. Malheureusement, il ne fera pas mieux que ses prédécesseurs dans sa politique africaine. Le locataire de l’Elysée qui prétendait vouloir renouveler la politique de la France en Afrique, ne s’embarrasse guère de s’afficher avec des chefs d’Etat africains très peu fréquentables. Comme quoi quand il est question des intérêts de la France, elle dit adieu aux questions des droits de l’homme, de l’Etat de droit et de la démocratie. Justement les intérêts de Macron, note un observateur, sont de trouver quelqu’un pour faire la guerre au Sahel et préserver les intérêts français dans la sous région, l’intérêt de Faure Gnassingbé est trouver une France pour rester au pouvoir.
De fait, Faure Gnassingbé est devenu l’un des alliés incontournables de la France de la lutte contre le terrorisme au Sahel. « La France fait le choix de s’appuyer sur des régimes autoritaires et corrompus pour mener sa « guerre contre le terrorisme », alimentant là aussi dans la population un ressentiment qui ne peut que profiter aux djihadistes », dénonce justement l’association Survie.
C’est à croire qu’avec les dirigeants français, aucune relation fondée sur la promotion de la démocratie et de l’état de droit, sur la défense des droits humains, la lutte contre la corruption en Afrique n’est possible. Malheureusement.
Médard AMETEPE / Liberté