Intimidation d’opposants et de journalistes critiques : La provocation de trop qui risque de tourner au vinaigre
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Le pouvoir de Faure Gnassingbé est de plus en plus contesté et critiqué, non seulement par les acteurs de la société civile et politiques mais aussi par une bonne partie de la presse Togolaise. A bout de souffle, le régime cinquantenaire n’a pas trouvé mieux que de procéder aux intimidations d’opposants et des journalistes, pour sortir d’embarras. C’est à travers des menaces, des tentatives de manipulation et de musèlement, via ses tentacules. Or, en jouant avec le feu, Faure Gnassingbé et ses caïds oublient qu’ils risquent de se brûler gravement. Face aux critiques et contestations qui fusent de tout part, Faure Gnassingbé et son pouvoir ont opté pour la stratégie du va-t-en-guerre au lieu d’ouvrir des négociations pour trouver une solution afin de faire sortir le pays de l’ornière. Cette fuite de responsabilité se traduit par l’insouciance du pouvoir face aux revendications légitimes du peuple togolais, dans sa majorité.
A l’inverse, le régime est prompt pour traquer les opposants, alors que sur des sujets qui cristallisent les amertumes et les frustrations, il ne daigne point piffer mot, ne serait-ce que pour ouvrir la voie à une résolution du problème posé. Cette façon de procéder renforce plus d’un togolais dans l’idée que le régime en place n’a que d’yeux pour son pouvoir et que finalement la seule chose qui compte aux yeux des dirigeants ce sont leurs intérêts, pas ceux du peuple. La situation d’accalmie sociale apparente qui prévaut dans le pays devrait servir au pouvoir pour tendre la main à tous les acteurs du pays afin de reconstruire une nation digne et fière. Sinon, ça pourrait être le calme avant la tempête, surtout qu’au niveau des contestataires on s’annonce encore plus mobilisé malgré tout.
Les critiques constructives et les contestations légitimes ne devraient pas poser de problèmes, surtout quand on a la volonté de bien faire. Si Faure Gnassingbé estime avoir bel et bien gagné les élections, il ne devrait pas avoir peur de l’opposition au point de vouloir la museler en se servant de la justice. Si Faure Gnassingbé estime que son programme de gouvernance est basé sur la transparence et l’équité, il ne devrait, en tout cas, pas craindre de demander une enquête indépendante pour situer l’opinion sur les récentes affaires de détournements révélées par les journaux privées. Que craint le pouvoir au point de vouloir coûte que coûte s’en prendre à toute forme de critique à son égard ? Il y a de cela quelques mois, la HAAC suspendait pour quelques semaines, deux journaux réputées critiques à l’égard du pouvoir. Des suspensions temporaires qui ont fait suite à la plainte de l’ambassadeur de France au Togo, après la publication d’articles en son encontre.
Le Vendredi 10 juillet dernier, Fabrice Adjakly, cité dans
De plus en plus de Togolais sont mécontents de cette situation, qui pousse certains à alimenter en eux encore plus de haine et de dégoût à l’égard du régime en place. Une situation très banale pour enflammer le pays, car trop de frustrations s’accumulent et pourraient exploser au moment où on s’attend le moins. Jusqu’ici, les togolais semblent restés passifs face à la situation, malgré les appels incessants des leaders à la mobilisation. Mais il ne faut pas se fier à cela, car dans une configuration comme celle qu’on connait au Togo, il suffit d’une petite situation pour que les choses dégénèrent ; car plus les frustrations s’accumulent plus le désir de révolte s’augmente. Et si les provocations, qui sont mises en branle actuellement par le pouvoir, se poursuivent on pourrait assister à une explosion surtout que MGR KPODZRO est de plus en plus soutenu par la population, et son âge avancé fait que certains ont mal de le voir dans une telle situation où son autorité religieuse semble être méprisée.
Au lieu de jouer au dur ou au plus fort, Faure Gnassingbé doit saisir l’opportunité de cette tranquillité pour essayer de mettre le peuple de son coté, en organisant des discussions avec tous les acteurs. Il faut que Faure Gnassingbé, lui-même, soit au-devant des discussions et qu’ils écoutent les autres pour enfin décider ; il faut également qu’il évite de faire glisser les affaires politiques sur le terrain judiciaire. C’est uniquement de cette manière qu’on peut espérer sortir de cette situation de crise car quoi qu’on dise le pays a besoin de tous ses fils et filles, et nul n’a le droit de détruire la terre de nos aïeux.
Charles AYI
Source :L’ENGAGEMENT – N° 030 du 16 Juillet 2020