Mots clés
Infos du pays
Auteur de cet articleNous tenons à rappeler aux visiteurs du site que sans partenariat avec togoactualite.com, la reprise des articles même partielle est strictement interdite. Tout contrevenant s'expose à de graves poursuites.
Les grèves sont comme les manifestations publiques. On ne sait jamais le nombre de personnes y ayant réellement participé. Le gouvernement donnera ses estimations et les organisateurs les leurs. Difficile de savoir la vérité.
J’ai suivi un peu à distance les viscivitudes de cette grève de deux jours ( 3 et 4 novembre 2021) lancée par la FESEN (Fédération des syndicats de l’éducation nationale). Je n’ai pas écouté le ministre Bawara sur victoire fm mais j’ai eu accès à certains extraits de l’émission. J’ai lu la note de service du ministre Kokoroko. Et je dois dire que je regrette le ton belliqueux et va-en-guerre des deux membres du gouvernement. Mais comprenons-nous bien, j’ai activement participé à la rédaction de la nouvelle mouture du nouveaux code du travail et je ne remets pas en cause les arguments soulevés par les membres du gouvernement, notamment les contingences de l’article 324, mais je note aussi qu’aucun des ministres ne s’est prononcé sur le fond du sujet, à savoir le respect par l’exécutif d’engagements pris à l’endroit des enseignants. C’est là où le deux poids deux mesures s’installent. Une des parties peut donc ne pas respecter ses engagements, et s’abriter derrière le juridisme pour justifier des sanctions. C’est comme taper quelqu’un et l’interdire de pleurer.
Comme je ne cesse de le dire, j’apprécie l’industrie du ministre Kokoroko, mais à la fin de la journée, il faut tenir compte que les enseignants sont des Hommes, des pères et mères de famille, des militants et militantes, des fonctionnaires, et qu’au-delà du juridisme, il y’a la manière de s’adresser à des personnes adultes. « Tout enseignant qui s’inscrit dans cette grève illicite s’expose à de lourdes sanctions ” dit-il dans sa note. À l’endroit des chefs d’établissement, il demande à être réguliers à leur poste respectif et à dresser rigoureusement la liste des enseignants qui auraient participé à cette grève illicite. « Tout manquement de leur part serait sévèrement sanctionné ». Voilà que même des chefs d’établissements participent eux aussi à la grève. Comment tu vas prendre pour faire maintenant ?
Autant on connaît le ministre kokoroko pour ses méthodes musclées (dont l’efficacité professionnelle peut trancher parfois avec l’efficacité politique) autant
Par contre, je dois avouer que je suis souvent déçu par les motifs d’appels à la grève de nos enseignants. Certes, un syndicat lutte pour l’amélioration des conditions de travail de ses membres, mais à quand une grève pour réclamer plus de bancs dans les écoles, de meilleurs bâtiments ? À quand une grève pour demander des livres dans les écoles ? À quand une grève de solidarité avec les enseignants volontaires, qui suppléent les enseignants fonctionnaires dans plusieurs écoles ? Tant que les enseignants ne feront pas ce saut qualitatif pour réclamer une amélioration en profondeur de l’école togolaise, ils seront toujours perçus par le reste de la population comme de gros gâteux, qui seuls bénéficient de 3 à 4 mois de congés par an, et dont les conditions salariales ont été les plus améliorées ces dix dernières années. Il faut rentrer dans l’ère du syndicalisme citoyen.
Dites-moi ce que vous pensez de cette dernière grève des enseignants et de la réaction des membres du gouvernement.
Mettons des livres dans les écoles, vivants.
Gerry.