Un an après la présidentielle: : LES RAVAGES DU MENSONGE EN POLITIQUE

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C’est un constat: le Togo a fait un sérieux bon démocratique en arrière après la présidentielle du 22 février 2020. Et pour cause, en lieux et place de débats politiques pour convaincre les électeurs, il a été instauré le mensonge, le dénigrement et la haine pour s’attirer les faveurs du peuple avide de l’alternance au sommet de l’état.

L’observateur avisé dira que les efforts de tant d’années pour amener le régime dictatorial des GNASSINGBÉ à prendre une allure civilisée sont ruinés, jetés aux orties par des politiques spectacles vendeurs d’illusions. Aussi, l’entrée dans l’arène politique de la Religion a compliqué, pour beaucoup, une situation politique déjà délétère. Une année vient donc de s’écouler après une présidentielle frauduleuse jamais égalée malgré qu’aucune goûte de sang n’est versée comme en 2005 et 2010. Les maîtres fraudeurs électoraux se sont surpassés, cette fois-ci, en montrant à la face du monde que rien ne les arrête, surtout pas la honte.

Les résultats tels que proclamés par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et la Cour Constitutionnelle, avec des incohérences dans les chiffres qui ont dû faire tourner dans leur tombe les mathématiciens Thalès et Pythagore, sont rendus possibles parce que le pouvoir s’est vue créer devant lui un boulevard par les illusions de gens qui ont pensé que la roublardise paye en politique. Durant les 12 mois écoulés, que d’avanies , le regroupement de partis politiques de la DMK, fortement soutenu par l’archevêque émérite de Lomé, Philippe Fanonko KPODZRO, s’est ligué, avec acharnement, contre l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) parce que ce parti a refusé de s’aligner derrière son candidat dit unique.

Pire, l’ANC est accusée, non seulement de n’avoir pas fait sortir ses militants dans les rues, mais aussi de ne pas proclamer vainqueur de cette présidentielle, le candidat Gabriel Messan Agbéyomè KODJO parce qu’elle aurait en sa possession, des résultats qui attestent de la victoire de celui-ci. L’opinion est restée partager sur ce débat en n’oubliant que le sieur Agbéyomé KODJO lui même avait fait des déclarations antérieures du genre, je cite : « Je n’irai ni dans la rue, ni à la plage pour réclamer ma victoire » fin de citation, qui n’ont pas permis d’agir. Plus, les insultes outre bord et les mensonges disséminés sur les réseaux sociaux et mêmes sur les médias traditionnels et pendant la campagne électorale, n’augurent point un rassemblement des forces démocratiques. Les esprits malins qui tentent, vaille que vaille, de faire porter le chapeau de l’échec aux autres partis politiques non membres de la DMK, surtout à l’ANC, doivent faire leur introspection et faire amande honorable, parce qu’ils se sont tus ou ont prêté main forte au moment où l’ANC était, sans raison, vouée aux gémonies, traînée dans la boue puante par des torrents de mensonges, de dénigrements, de médisances et de mépris pour un parti dont le tort selon Mgr KPODZRO est, je cite: *elle a beaucoup de militants et beaucoup d’argent et est bien structurée*, fin de citation.

Les lois de la nature ne sont-elles pas implacables? Qui veut détruire son prochain, se détruit lui même. Il n’y a pas lieu à faire d’amalgames, puisqu’on est toujours victimes de ses propres turpitudes. Il est donc incontestable aujourd’hui que la DMK a vendu du vent aux Togolais en leurs vantant un carnet d’adresses, du soutien dans l’armée comme au sein de pouvoir en place, le Saint Esprit et qu’il suffit pour le peuple d’aller voter à 7 h et à midi, elle lui apportera la victoire. La vérité, c’est que la DMK n’a pas mis ses membres et délégués dans les bureaux de vote pour au moins apporter la preuve que les résultats proclamés sont faux. L’ANC l’ayant fait, au prix de mille et un sacrifices, a pu déclarer, deux heures de temps après la clôture du scrutin et selon les tendances parvenues à son QG de campagne, que les candidats du MPDD et d’UNIR sont en avant dans le décompte en cours des voix. Elle a aussi, par trois autres communiqués surtout le quatrième, démontré, à suffisance, l’étendue des fraudes et demandé la reprise de cette élection.

Cette position responsable de L’ANC, lui vaut jusqu’à présent d’être traité de tous les noms d’oiseaux. Si le bas peuple pouvait ne pas comprendre, il est ahurissant de voire l’élite intellectuelle, par sa couardise et la recherche de l’intérêt égoïste, donner dramatiquement dans l’abêtissement de la masse qu’elle a poussé à ne plus user de discernement dans ses choix politiques. Il faut donc tirer conséquence de ce qui se passe depuis un an et faire appel au ressaisissement. Aussi importe-t-il aujourd’hui que soit faite une analyse juste de la situation politique née de la jonction de l’utilisation du mensonge et de l’immixtion de la Religion dans la politique

La lutte pour l’alternance et la démocratie passe par le chemin de la vérité, choix que les politiques et le peuple tout entier doivent faire pour espérer vaincre la dictature. C’est donc parce que le pouvoir qui régente le Togo depuis maintenant 58 ans, manie le mensonge, la corruption et la brutalité que notre pays est dans la situation que nous lui connaissons aujourd’hui. Il n’est sûrement pas question que ceux qui aspirent gouverner autrement, empruntent les mêmes chemins immondes que ceux du régime en place.

Pour ce faire, il nous faut savoir parler, savoir organiser le peuple de sorte à l’amener à combattre pour sa liberté comme ce fut le cas de nos grands parents et parents qui, de haute lutte, nous ont arraché l’indépendance des mains du colonisateur. Utilisation des réseaux sociaux et tout autre média pour abrutir le peuple est fort condamnable. Il vaut mieux s’en saisir pour mettre le peuple en ordre de bataille. L’infantilisation politique au Togo doit cesser pour faire face rigoureusement au pouvoir oppressant des GNASSINGBÉ et de leurs clans.

À quelque chose, malheur est bon dit-on? La présidentielle du 22 février 2020 aura donc le mérite de sonner l’alarme. Sachons donc tirer bénéfice de cette impasse pour le devenir de notre pays.

Francis Pédro AMUZUN

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